dilluns, 2 d’abril de 2012

MI NOVELA: LÍMITES Y FRONTERAS, Ed Milenio, 2008

Perder la razón es franquear el límite que separa la cordura de la locura. Es ser un extranjero para uno mismo. Emigrar, cambiar de país, es ser un extranjero en una tierra que hay que convertir en propia. Límites y fronteras es una novela que intenta indagar en la condición de extanjero. Ismaïl, su protagonista, sufre un brote psicótico que requiere de un ingreso en una clínica psiquiátrica. Allí descubrirá que su ataque de locura es la oportunidad que le brinda la vida para conocerse e integrar todas sus pertenencias y sueños en una sola identidad

                  


                                                    
Said el Kadaoui vient de publier son premier roman aux éditions Milenio. Déjà auteur de nombreux articles scientifiques de psychologie de par sa profession, il a souhaité avec “Limites y fronteras” faire une incursion dans le monde de la littérature pour une lecture moins distante et plus accessible au grand public. Pour autant, sa profession de psychologue reste au centre de son oeuvre.
Dans la lignée des auteurs issus de l’immigration maghrébine en Espagne, l’auteur y décrit le mal être lié à la sensation d’être perpétuellement considéré comme un étranger, que vivent de nombreux jeunes de la seconde génération d’immigrés en Espagne. C’est à travers le personnage d’Ismail qu’il nous plonge dans un labyrinthe de confusions, d’émotions violentes et de sentiments douloureux. La profonde blessure, en partie inconsciente, qui tenaille sans répit Ismail, le conduit en effet à décompenser violemment dans un épisode psychotique qui ouvre le roman. On vit alors un périple intérieur long et douloureux, thérapeutique, où le grand vide issu du “sentiment de non-appartenance” nous fait vaciller entre la folie et la raison. Dans la « communauté thérapeutique », euphémisme de l’hôpital psychiatrique, Ismail trouve enfin la possibilité d’entreprendre la réflexion nécessaire (mais jusqu’ici toujours refoulée) à l’apaisement de son âme. Parce que « le souci avec la raison – justifie le thérapeute – c’est qu’elle ne nous autorise pas de raccourcis”. Au gré des rencontres patient/psychologue qui s’étaleront sur une période de deux ans, on assiste au grand déballage des émotions qui empêchent Ismail de vivre. Il laisse vite libre cours à la profonde colère, à l’amertume, voire à la haine qui l’habitent. On le suit dans ses contradictions répétées, ses sentiments contrastés, tantôt de rébellion, tantôt de désespoir.
“ Limites et fronteras” questionne ainsi l’identité, la capacité d’Ismail à la ressentir et à l’expérimenter dans toute sa complexité, comme quelque chose de polyfacétique, en perpétuelle mutation, la nécessité de l’envisager comme une somme d’appartenances, que l’ont doit élaborer de manière à pouvoir les faire dialoguer entre elles, à les agencer dans un tout harmonieux. Cette réflexion devra mener, à travers des choix, à l’acceptation – ou non - de la pluralité, élément essentiel à la construction personnelle de l’adulte. L’auteur s’élève ainsi contre les simplifications et les catégorisations figées : « Immigré, ça signifie quoi ? Ismail est arrivé en Espagne tout petit, il va peut-être falloir qu’on arrête un jour de l’appeler « immigré » ! J’aimerais bien que l’on perçoive Ismail non pas comme un immigré mais plutôt comme quelqu’un qui vit une crise identitaire. Ce que vit Ismail  ressemble à ce que les adolescents vivent à un moment donné lorsqu’ils se demandent ce qu’ils sont. Même si, bien entendu,  dans son cas, c’est plus compliqué parce qu’il est né ailleurs et que l’on lui a toujours fait sentir. Et puis il a toujours fui en refusant de faire face à ces questionnements. » Vivant mal le double stigmate d’ « étranger » et de « fou » qui le marque, Ismael doit parvenir, pour se soigner, à lutter contre « l’intériorisation des représentations », contre cette image figée que la société lui a collée et qu’il a acceptée malgré lui.
Said el Kadaoui signe ici un roman dense et d’une grande sensibilité, fort d’un rythme soutenu, d’une écriture vive et sans fioriture. « Je voulais écrire quelque chose de vivant, de direct, où le lecteur puisse s’identifier au personnage et à ses émotions, vibrer avec lui », explique l’auteur. L’utilisation de la première personne sert d’ailleurs intentionnellement ce choix, en faisant entrer le lecteur dans la peau du personnage. «C’était vraiment important que ce soit Ismail qui parle. Je voulais que ce soit fort ». L’idée de ce roman, né il y a 5 ans, suite à l’admission d’un patient marocain dans la clinique psychiatrique où il travaille, ne le quitte bientôt plus. Il ressent le besoin d’écrire « sans doute aussi comme un moyen de réintégrer des choses qui m’appartiennent, mes origines et ma profession. ». Sans être un roman autobiographique, « Limites y fronteras » est ainsi aux croisement des différentes préoccupations de l’auteur.
Tout est donc dans le titre ? « Ce n’est pourtant qu’en relisant ce que j’avais écrit  qu’il  s’est imposé à moi. C’était incroyable. Je ne parlais que de ça ! », s’étonne Saïd. Folie/raison, amour/haine, vie/mort, patient/médecin, pays d’accueil/pays d’origine : les oppositions s’entremêlent sans cesse dans les raisonnements d’Ismail. Le carcan des limites et des frontières est omniprésent et semble déranger la pensée en la dualisant. «Je crois que ces limites sont souvent factices. – dit l’auteur – Pour ce qui est de la folie par exemple, je pense que l’on peut tous vivre à un moment donné une dépersonnalisation, un sentiment d’étrangeté mentale transitoire ou une crise identitaire qui peut nous y amener. ». A travers les délires d’Ismail, l’auteur procède également à une analyse critique de la société et dénonce le racisme, le traitement frivole de l’information, ou encore la stigmatisation : « Cette critique colle parfaitement au personnage. Ismail est quelqu’un de simple mais d’intelligent, il a une grande sensibilité. Rien ne lui échappe. Je crois que ça peut vraiment rendre fou d’écouter dans les medias la manière dont on parle de tout ça
 Pour ses premiers pas dans la littérature de fiction, Saïd El Kadaoui est convaincant, même si l’on sent que son  écriture devra encore s'affirmer afin de pouvoir s'imposer avec autorité dans la littérature. Le style hautement visuel qui se dégage de la succession des chapitres reste cependant un des points forts de son écriture, qui lui vaudra sans doute quelques propositions d’adaptation cinématographique.
 Qu’en sera-t-il du second roman, déjà en phase de préparation ?



 
Né en 1975 à Nador, au Maroc et arrivé encore enfant à Barcelone, Said El Kadaoui est psychologue et psychothérapeute psychanalyste. Il est spécialiste de la santé mentale chez les enfants et les adolescents au centre de Gavà, et enseigne dans les masters en « Relation et communication interculturel » et  « Santé mentale chez les immigrés, réfugiés et minorités ». Il est par ailleurs membres de Atlantida-migra, l'association des professionels de l'interculturalité, et consulte dans son cabinet nommé "El Aleph", d'orientation et de soutien psychologique.

Crítica Revista Babelmed.net

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