diumenge, 15 de desembre de 2013

RECOMIENDO ESTE LIBRO: UN AUTRE MAROC, DE ABDELLATIF LAÀBI

 





Cita: « Ce que je mets aujourd’hui entre vos mains est une simple lettre où je voudrais parler à votre raison, partager les inquiétudes et les indignations que je crois lire en vous»


 Un autre Maroc, celui d’Abdellatif Laâbi
Publié aux éditions La Différence, «Un autre Maroc» d’Abdellatif Laâbi livre sans concessions une lecture critique de la situation politique et socioculturelle au Maroc à travers le temps. L’objectif est réussi dans une approche pédagogique : pousser à la réflexion et au questionnement pour se projeter vers l’avenir.



A quoi reconnaît-on un citoyen à part entière ? A sa dénonciation de la médiocrité politique où un système préétabli noie l’existence de l’être en le réduisant à un sujet ; donc à la force de proposition qui fait l’essence de tout individu. Fidèle au postulat qu’un intellectuel ne peut être citoyen sans un véritable engagement dans la cité, l’écrivain invite ses concitoyens dans un autre Maroc, à les «guider à la lumière de cette pensée d’Antonio Gramsci : opposer au pessimisme de la raison l’optimisme de la volonté».

Le pessimisme est un mal nécessaire lorsque chaque jour n’est fait que de volontés déçues. C’est également une force déployée de manière dialectique, comme le considère Karl Marx, pour s’affranchir du négativisme et du ras-le-bol auquel conduit tôt ou tard un cumul de déceptions. Dans Un autre Maroc, il ne s’agit pas de n’importe quelles déceptions. Abdellatif Laâbi parle ici de celles qui partent d’un idéal collectif, d’une ambition fougueuse de par l’énergie et posée de par les valeurs, qui alimente tout élan d’actions citoyennes œuvrant pour un lendemain meilleur, mais qui s’ébranlent dans un système biaisé. Cet engagement considéré par Abdellatif Laâbi comme un devoir d’intellectuel s’apparente justement à une simple fougue pour certains politiques. C’est pourquoi l’élan de citoyenneté qui l’anime est systématiquement étouffé par tous les moyens possibles, tant que la philosophie de Machiavel inculque depuis des siècles une recette miracle aux dirigeants de la cité, pour les visser à jamais dans leurs postes de décision : «La fin justifie les moyens».

Abdellatif Laâbi démontre par là comment cet élan dit “fougueux” est récupéré à travers l’Histoire politique du Maroc. Abdellatif Laâbi a habitué ses lecteurs à sa sincérité de propos et assume pleinement son étiquette de marxiste-léniniste. Laquelle lui a valu la prison et la torture lorsqu’il était à la fleur de l’âge, à l’époque de son engagement politique dans les années soixante et soixante-dix à travers la culture, notamment via la revue littéraire Souffles dont il est le co-fondateur, parallèlement à sa sympathie pour le mouvement Ilal Amam. De cette position, Abdellatif Laâbi ne donne de leçons à personne. Il a encore moins la prétention de s’aligner dans le négativisme auquel l’ambiance sociopolitique a toujours été et est encore propice. Dans un tel climat, la fin d’un système politique est toujours la même, bien que les moyens aient discrètement changé. C’est ainsi que l’auteur évoque également la marginalisation de la culture comme étant à l’ordre du jour.

Loin de s’inscrire dans une rigidité qui prétend que l’Histoire suit fatalement son cours, Un autre Maroc est d’abord une bouffée d’oxygène pour Abdellatif Laâbi. C’est un essai qu’on a du mal à qualifier de confession puisque M. Laâbi n’a rien à se reprocher. Il s’agit plutôt d’une conversation à cœur ouvert dans l’esprit d’une agora, de tous les souhaits qu’un écrivain engagé lutte pour réaliser, d’un dialogue sincère que l’on peut aussi prendre comme une lettre ouverte en tant que citoyen. En ces mots, Abdellatif Laâbi s’acquitte du rôle d’intellectuel tel qu’il le voit dans la cité, bien que d’autres “intellectuels” tendent à élitiser ce titre.

«Un autre Maroc» – un essai de Abdellatif Laâbi Ed. La Différence – Paris 141 pages, 120 DH Ghita Zine. La Vie éco
 
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